Personne n’avait osé ça : plonger la rumba congolaise dans des synthés bruxellois, marier la chanson au club, glisser le cancer, le sida, la solitude sous des basses qui font bouger les hanches.
Le son est sec, ciselé. Les kicks claquent comme des portes. Chaque morceau avance masqué : une fête en façade, une plaie derrière.
Sur “Quand c’est ?”, la voix s’étrangle d’ironie, froide et tendue. Avec “Ave Cesaria”, l’hommage glisse, poussiéreux, solaire.
À sa sortie, tout le monde chantait en dansant. Il a fallu des mois pour écouter les paroles.
Un disque qui sourit pendant qu’il saigne.

