Avec Guy-Manuel de Homem-Christo des Daft Punk à la production, il fabrique un disque unique : un manifeste érotique en velours synthétique. Pas de sexe frontal. Du désir suspendu.
Les synthés ondulent, lents, moelleux, presque liquides. Les basses ronronnent. Les chœurs flottent comme une fumée de cigarette dans une chambre aux rideaux tirés. Tellier chuchote, soupire, déclame en français, en anglais, en yaourt de velours. Il ne séduit pas, il laisse faire.
À sa sortie, la France ricane, l’Europe écoute, l’Eurovision l’invite. Peu importe. Ce disque a ouvert une porte : celle d’une pop française sensuelle, ironique, sans complexe, qui regarde Giorgio Moroder dans les yeux sans trembler.
On l’écoute tard, la lumière basse. Il fait taire la pièce.
Sexuality ne se commente pas. Il se respire.

