Avec Stupeflip, le trio parisien transforme un premier album en monde parallèle : personnages masqués, interludes, mythologie du Crou et morceaux qui se répondent comme les épisodes d’un récit volontairement bancal. Sorti le 8 janvier 2003, le disque mêle hip-hop, punk, pop, guitares abrasives et collages sonores sans chercher à choisir son camp.
Derrière cette pagaille très organisée, King Ju écrit et construit l’essentiel de la musique. Les voix trafiquées, les samples et les ruptures donnent au disque une texture artisanale, presque bricolée, où l’humour laisse régulièrement passer quelque chose de plus sombre.
Stupeflip compte parce qu’il impose d’emblée une langue, des personnages et des règles qui n’appartiennent qu’à lui.
On n’entre pas simplement dans un album. On entre dans le Crou.

