Frenchies : Sur la route de Memphis - Eddy Mitchell
Novembre 1976. Tandis que la France s’étourdit de paillettes disco, Eddy Mitchell s’exile pour capturer son "Amérique à lui".
Pas celle des simulacres, mais celle de la Cinderella Sound à Madison et du Woodland Studio à Nashville. Sous l’œil du directeur artistique John “Tennessee” Fernandez, “Monsieur Eddy” réalise le hold-up parfait : injecter la mélancolie du bitume parisien dans le sanctuaire du Tennessee.
L’album est un prodige d’équilibre organique, sculpté par l’ingénieur du son Charly Talent. On y entend la pulsation légendaire des maîtres de Nashville : la basse de Wayne Moss s’unit à la frappe de velours de Kenny Buttrey. Mais c’est la dentelle de cordes qui sidère. Entre les envolées de Reggie Young et le dobro de Grady Martin, chaque note semble cuite par le soleil du Sud. Aux claviers, les titans David Briggs et Hargus “Pig” Robbins tissent un velours de “Country-Soul” où Mitchell n’imite plus ses idoles : il les tutoie.
Enregistré dans une ferveur quasi religieuse, avec l’harmonica habité de Charlie McCoy et les chœurs mythiques des Jordanaires, ce disque est une bascule. Mitchell n’est plus un fan, c’est un pair. Un chef-d’œuvre de sobriété et de sueur. Le son d’un homme qui a enfin trouvé sa terre promise.

