Frenchies : Tostaky - Noir Désir
En 1992, Noir Désir sort de son silence et bouscule le rock français.
Après l’échec commercial de “Du ciment sous les plaines” et l’arrêt brutal d’une tournée à Besançon, le groupe s’enferme dans les studios anglais avec Ted Niceley. Ce qui en ressort n’a plus rien de timide.
La voix de Bertrand Cantat se fait plus grave, plus écorchée, portée par les guitares saturées de Serge Teyssot-Gay, quelque part entre Sonic Youth et Nirvana sans jamais copier ni l’un ni l’autre. “Marlène” ondule comme un hommage suspendu, “Ici Paris” cogne sec, “One Trip/One Noise” tangue en pleine dérive électrique.
Le son est plus brut, plus nerveux qu’avant, enregistré titre par titre pour que chaque musicien s’y sente pleinement engagé. C’est l’album qui installe Noir Désir en tête du rock hexagonal des années 90, celui qu’on ressort encore quand on cherche à comprendre d’où vient toute une génération de guitares françaises.
Un disque qui ne cherche plus à convaincre, il impose.
La trajectoire de Noir Désir prendra brutalement fin après les événements de 2003.

