Il y découvre une musique qui transforme son écriture : les guitares souples du township jive, les basses bondissantes, les polyphonies vocales. Avec des musiciens sud-africains, dont le groupe Ladysmith Black Mambazo, il construit un album où la pop américaine dialogue avec des traditions musicales jusque-là peu familières au grand public occidental.
Le disque fait danser autant qu’il raconte la solitude, les amours défaites et la recherche d’un nouveau départ.
Mais cette rencontre musicale soulève aussi une controverse : enregistrer en Afrique du Sud sous l’apartheid, malgré le boycott culturel international, interroge la frontière entre échange artistique et responsabilité politique.
Graceland conserve cette tension. Sa richesse tient autant aux voix qui s’y rencontrent qu’aux questions qu’elles laissent ouvertes.
Un disque où chaque détour devient un nouveau chemin.

