I Feel Love : la nuit change de rythme
1977, un synthétiseur Moog remplace un orchestre entier et personne n'est prêt.
Trois notes de basse synthétique, répétées, mécaniques, hypnotiques, et soudain la disco bascule dans un autre siècle. Giorgio Moroder programme I Feel Love comme on assemble une machine, sans batterie live, sans guitare, juste des séquences électroniques qui pulsent sans relâche pendant sept minutes.
Donna Summer pose sa voix par-dessus, presque désincarnée, un souffle chaud sur du métal froid. À l’époque, le morceau sonne extraterrestre, Brian Eno aurait dit à Bowie que ce titre venait de changer le son de la musique pour les quinze prochaines années. Il avait raison.
Sans I Feel Love, pas de techno, pas de house, pas d’électro telle qu’on la connaît. Le disco y trouve son moment le plus froid et le plus érotique à la fois, corps et machine confondus sur une même pulsation.
La première chanson pop venue du futur, et le futur n’a jamais vraiment répondu à l’appel.

