Au centre, un gamin de onze ans, Michael. La basse déboule en premier, ronde, élastique, impossible à ignorer. Le piano martèle. Les cordes cinglent. Puis la voix arrive, aiguë, sans fard, et supplie comme un adulte qui aurait tout perdu.
C’est là le paradoxe. Un enfant chante le regret, et il y croit si fort que personne ne doute. Le groupe n’a pas inventé le chagrin amoureux. Il l’a rendu irrésistible : on pleure en dansant.
Dans les cuisines, les bals, les autoradios, tout le monde reprenait ce refrain sans y penser, les hanches avant la tête.
Un premier numéro un, et une ère qui s’ouvre. La soul devient un terrain de jeu pour les gamins, la pop apprend à swinguer.
Quelques minutes de pur élan. Un garçon supplie, et le monde entier se met à danser pour lui répondre.

