Sorti en décembre 1970, John Lennon/Plastic Ono Band arrive après des mois de thérapie primale avec Arthur Janov, dont plusieurs chansons portent directement la trace.
La musique épouse ce dépouillement. Lennon au chant, à la guitare ou au piano, Klaus Voormann à la basse, Ringo Starr à la batterie : peu d’instruments, beaucoup d’espace. Même Phil Spector, coproducteur, renonce ici aux murs de son qui ont fait sa réputation.
Chaque silence laisse la voix davantage exposée. Lennon parle de l’abandon, de la solitude, de la classe sociale, des croyances qu’il faut détruire pour avancer. Le disque pouvait dérouter en 1970 ; sa réception fut d’ailleurs partagée.
Plus d’un demi-siècle après, cette nudité n’a rien perdu de sa violence.
On n’écoute pas une star se raconter. On entend un homme retirer son armure.

