À Sun Records, en 1955, il pose une guitare au rythme de train, une voix de basalte, trois accords, pas un de plus. Rockabilly, gospel, folk, tout passe dans ce tuyau étroit et en ressort plus dur.
Il se vêt de noir pour les prisonniers, les pauvres, les oubliés. En 1968, il monte sur scène à Folsom, devant des détenus. Il ne les surplombe pas, il leur ressemble. Les cris des murs deviennent partie du disque.
Puis la chute. Les amphétamines, les nuits blanches, les ruptures.
Et le retour, dans les années 1990, face à un micro seul, avec Rick Rubin. Ses dernières années, il chante des chansons des autres comme s’il les avait enterrées lui-même.
“American IV” porte la fatigue d’un homme qui regarde la porte.

