Le vinyle tourne dans les chambres, les transistors accompagnent les journées, tandis que Londres, San Francisco ou New York deviennent les laboratoires d’une jeunesse qui veut repousser les frontières.
Pop, psychédélisme, expérimentations : 1967, c’est l’année où le rock ouvre toutes les portes.
The Velvet Underground & Nico - The Velvet Underground & Nico
Dès les premières minutes, quelque chose dérange autant que cela fascine. Le Velvet Underground fait entendre une autre Amérique, loin des couleurs éclatantes du “Summer of Love” : celle des rues new-yorkaises, des nuits troubles et des existences marginales. Sur une platine, dans une chambre où la pochette à la banane intrigue presque autant que le disque, l’écoute prend une allure clandestine. En 1967, cet album montre que le rock peut aussi regarder là où personne ne veut regarder.
The Doors - The Doors
Avec “The Doors”, l’air devient immédiatement plus lourd, plus sensuel, presque inquiétant. La voix de Jim Morrison semble surgir d’une pièce enfumée tandis que l’orgue de Ray Manzarek installe une atmosphère impossible à confondre avec une autre. Dans une voiture, sur un autoradio AM, ou autour d’un tourne-disque lors d’une soirée, cette musique apporte la Californie sous un jour moins innocent. Le soleil est toujours là, mais derrière lui apparaissent déjà l’ombre, le désir et le vertige.
The Piper at the Gates of Dawn - Pink Floyd
Ici, tout paraît basculer dans un monde parallèle. Pink Floyd transforme la pop britannique en terrain de jeu étrange, peuplé d’images enfantines, de visions cosmiques et d’idées qui semblent surgir sans prévenir. Au casque ou devant une chaîne hi-fi, l’album invite moins à suivre des chansons qu’à se laisser emporter. C’est le Londres psychédélique dans ce qu’il a de plus fantasque : une époque où le studio lui-même devient un instrument et où l’imagination paraît n’avoir aucune limite.

