Le Meilleur de 1978
1978. Il y avait cette impression que tout pouvait encore basculer d'un disque à l'autre.
Les radios mélangeaient les dernières secousses du punk, les premiers éclats de la new wave et des guitares qui semblaient vouloir repousser toutes les limites. Les pochettes passaient de main en main, les cassettes s’enregistraient tard dans la nuit, et chaque nouvelle sortie donnait l’impression qu’une autre musique était déjà en train de naître.
This Year’s Model - Elvis Costello
Dès les premières secondes, quelque chose accroche l’oreille. Les chansons filent sans perdre une seconde, nerveuses, acérées, pleines d’une ironie qui tranche avec les habitudes de l’époque. On posait le diamant sur le vinyle et l’on restait happé jusqu’au bout de la face. Ce disque faisait partie de ces albums que l’on prêtait difficilement, par peur qu’ils ne reviennent jamais. En 1978, il donnait une nouvelle allure à la pop britannique, plus vive, plus mordante, impossible à ignorer.
Van Halen - Van Halen
Dans les chambres d’adolescents comme dans les magasins de disques, un nom circulait de plus en plus fort. Dès que la guitare démarrait, les conversations s’arrêtaient. On remontait le volume juste pour entendre encore cette énergie insolente qui semblait défier toutes les règles. Les vitres des voitures vibraient, les autoradios saturaient, et chacun essayait de comprendre comment un premier album pouvait dégager une telle assurance. 1978 venait de trouver un nouveau carburant.
Q: Are We Not Men? A: We Are Devo! - Devo
À côté des guitares flamboyantes, Devo semblait venir d’un autre monde. Les rythmes mécaniques, les voix décalées et les idées visuelles transformaient chaque écoute en expérience. Certains restaient perplexes, d’autres ne pouvaient plus décrocher. On observait la pochette aussi longtemps qu’on écoutait le disque, cherchant à comprendre ce qui était en train de se passer. En 1978, cet album ouvrait une porte vers un futur étrange, fascinant et incroyablement moderne.

