Best of France : Initials B.B. - Serge Gainsbourg
En 1968, au cœur d’une France en ébullition, Serge Gainsbourg signe avec "Initials B.B." un disque où la chanson française se fracture et s’ouvre à de nouveaux horizons.
Ici, l’homme qui jouait les dandy cyniques se hisse au rang de poète maudit pop, convoquant la muse Brigitte Bardot autant que les fantômes de Poe et Baudelaire. L’album est une collision frontale entre l’élégance littéraire et la luxuriance orchestrale.
Les cordes de Jean-Claude Vannier y dressent des cathédrales sonores où la voix de Gainsbourg, mi-chuchotée, mi-désabusée, devient incantation. Chaque morceau - de “Comic Strip” à “Bonnie and Clyde” - mélange ironie, sensualité et provocation, annonçant une modernité qui influencera toute une génération de musiciens français et au-delà.
C’est un disque de contradictions assumées : romantisme sombre contre humour acidulé, fascination pour l’icône Bardot et mise en scène de sa propre décadence.
Plus qu’un simple recueil de chansons, Initials B.B. est une œuvre manifeste, un carrefour où la chanson se fait art total, miroir d’une époque troublée et d’un artiste en métamorphose.