Best Of James Brown
Né dans la misère, il devient le Godfather of Soul, l'ouvrier acharné du show business. James Brown n'a pas chanté le R&B ; il l'a déconstruit. Il a réduit l'harmonie au silence.
L’a remplacée par le Rythme Pur. Chaque instrument devient une percussion. Le temps fort est déplacé. Le funk est né. Un son cru, explosif, vecteur d’une fierté Black intransigeante. Son rugissement, son scream mythique : la voix de la révolution, le plan directeur du Hip-Hop. Une influence sismique qui résonne encore.
Live at The Apollo (1963)
Le document essentiel. Ce n’est pas un album live, c’est un manifeste d’énergie brute. Les Famous Flames sont en transe. L’hystérie du public, captée sans filtre, transforme le disque en événement sociologique. La version de “Lost Someone” est un sommet d’intensité vocale et de décharge émotionnelle. Un tour de force. Le showman se révèle, le mythe s’installe. Le R&B devient une performance physique, non négociable.
It’s a Mother (1969)
L’album qui encapsule l’apogée du Hard Funk naissant. Le son est maintenant entièrement subordonné au groove implacable. Bien qu’il contienne des singles comme “Mother Popcorn”, l’album explore des jams et des thèmes rythmiques profonds. C’est le pont entre l’intensité Soul des premières années et la pure boucle Funk des années 70. Une œuvre qui exige l’écoute totale, le son de la fin de décennie.
The Payback (1973)
Le Funk atteint sa forme la plus toxique et cinématique. Initialement conçu pour un film de blaxploitation, cet album est une plongée sombre dans le vibe de la rue. Le son est lourd, sinueux. Fred Wesley et The J.B.’s sont au sommet de leur art. “The Payback” et “Mind Power” sont des étendues d’improvisation groove, des boucles infinies. Moins de gospel, plus de tension politique. Une œuvre maîtresse, fondatrice pour le sampling Hip-Hop.

