Janvier 1969, premier album à peine sorti. Led Zeppelin enregistre le suivant en tournée, entre deux avions, dans une dizaine de studios américains. Ça s’entend : tout sue, tout vibre, rien n’est poli.
Jimmy Page empile les guitares comme on coule du béton. John Bonham frappe ses fûts avec une violence si nette que “Moby Dick” le laisse seul face au monde, quatre minutes de tonnerre nu. “Whole Lotta Love” décolle dans un vacarme psychédélique où la voix de Plant glisse, gémit, puis lacère.
“Heartbreaker” vrille son solo comme une lame dans le métal. “Ramble On” ouvre un instant la fenêtre sur un paysage tolkienien avant que la basse de Jones ne ramène tout au sol.
C’est ici que le hard rock trouve sa forme : le blues passé à l’acide, amplifié jusqu’à la fracture. Chaque groupe lourd depuis y retourne.
Ce disque ne se joue pas. Il se subit, volume à fond, et on en ressort différent.

