Louie Louie : le morceau qui a donné envie de monter un groupe
On reconnaît "Louie Louie" avant même d'avoir le temps d'y penser. Trois accords, une batterie qui trébuche presque, une voix qui semble se battre avec le micro. Rien n'est vraiment propre.
Et c’est justement pour ça que tout fonctionne.
Quand les Kingsmen enregistrent le morceau en 1963, personne n’imagine qu’il deviendra l’un des hymnes les plus influents de l’histoire du rock. Le chanteur Jack Ely est enrhumé, son appareil dentaire brouille les mots, le micro est suspendu trop haut. Les paroles deviennent presque incompréhensibles. Au point que le FBI ouvrira une enquête après des plaintes affirmant qu’elles cachent un message obscène. Pendant plus de deux ans, les agents tenteront de les déchiffrer... sans jamais y parvenir.
Mais dans les garages, les caves et les salles des fêtes, personne ne s’intéresse à cette histoire. Ce que tout le monde entend, c’est qu’une chanson n’a pas besoin d’être parfaite pour donner envie de monter un groupe.
Combien d’adolescents ont posé les doigts sur une guitare en essayant de retrouver ces trois accords ? Combien de répétitions ont commencé par “Louie Louie” avant de finir en éclats de rire ? Des Sonics aux Clash, des Ramones aux White Stripes, son esprit continue de circuler dans chaque groupe qui préfère l’énergie à la perfection.
Parce qu’au fond, certaines chansons ne vieillissent jamais.
Elles attendent simplement qu’un garage ouvre sa porte et que quelqu’un compte : “One, two, three...”

