Michael Jackson : le corps électrique
Un homme a appris à la Terre entière à danser la peur et le désir en même temps.
Michael Jackson n’a jamais chanté une chanson sans la traverser d’un frisson qui venait d’ailleurs. Enfant prodige chez les Jackson Five, il grandit devant les caméras et sort de l’adolescence avec une voix cassée en mille éclats de falsetto, une arme neuve.
Dans les années 80, il pulvérise les frontières entre soul, funk, pop et rock, impose MTV comme un territoire noir alors que la chaîne l’ignorait, et transforme le clip en cinéma.
Son corps devient instrument : le moonwalk glisse contre la gravité, chaque hanche est une syncope. “Off the Wall” respire léger, “Bad” mord, chaque album creuse un peu plus loin dans une perfection maniaque, obsessionnelle, presque douloureuse à force d’exigence.
Les foules hurlaient, s’évanouissaient, pleuraient, pas pour un chanteur, pour une apparition. Il fabriquait de la lumière avec du vertige.
Il reste la preuve qu’un frisson bien placé peut traverser des générations sans jamais s’éteindre.

