Muddy Waters : sans lui, pas de rock'n'roll
Né dans le Delta, forgé dans les champs de coton, McKinley Morganfield arrive à Chicago en 1943 avec une guitare et le blues du Mississippi dans les mains.
Il branche cette guitare sur un ampli, et tout bascule. Le son se durcit, se charge, crache. Le folk acoustique devient électricité brute, slide tranchant, voix grave qui roule comme un moteur, groove qui cogne au ventre plus qu’il ne caresse l’oreille.
Chez Chess Records, il invente le blues de Chicago, matrice absolue de tout ce qui suivra. Les Rolling Stones empruntent leur nom à l’une de ses chansons. Hendrix, Clapton, Page, tous se sont agenouillés devant ce son électrique et poisseux.
Sur scène, Muddy Waters ne joue pas le blues : il l’incarne, sueur et défi mêlés, regard qui traverse la salle jusqu’au dernier rang.
Le Delta a électrifié le monde entier, et personne n’a jamais éteint le courant.

