Never Mind the Bollocks - Here's the Sex Pistols : le sol de la chambre s'en rappelle encore
En cet automne 1977, "Never Mind the Bollocks - Here's the Sex Pistols" n'arrive pas dans les bacs comme une nouveauté, il traverse la vitrine.
Quand l’aiguille se pose sur l’introduction de “Holidays in the Sun”, ce qui sort des enceintes ressemble moins à de la musique qu’au bruit lourd de bottes piétinant quelque chose de fragile.
Ce vinyle jaune et rose fluo, presque vulgaire au milieu des pochettes progressives soignées, refuse le confort dès qu’on le touche. La production de Chris Thomas a la densité d’un mur de briques. Les guitares de Steve Jones n’avancent pas, elles s’empilent, quatre ou cinq fois, épaisses comme de la tôle froissée, jusqu’à saturer l’air de la pièce. Et au centre, cette voix.
Un ricanement féroce, postillonné, qui n’essaie à aucun moment de plaire, qui s’accroche aux mots avec une urgence animale.
On le mettait au maximum, les potards dans le rouge, une oreille tendue vers la cloison.
Douze titres gravés dans l’urgence. Il reste l’odeur du plastique chaud, les oreilles qui sifflent longtemps après, et la certitude que plus rien ne pouvait sonner comme avant.

