Collector : Purple Rain
Ceci n'est pas un album, c'est une déflagration en Technicolor, une tempête parfaite capturée sur vinyle.
Lorsque Purple Rain a inondé les ondes en 1984, il n’a pas seulement dominé les charts, il a redéfini les contours de la pop, du rock, du funk, et de tout ce qui se trouvait entre les deux. C’est le son de l’ambition démesurée, de l’érotisme sacré et d’une solitude brûlante.
Prince, cet ange déchu de Minneapolis, opère une synthèse furieuse. On y trouve la brutalité minimaliste de “The Beautiful Ones”, où les accords se brisent comme du verre, contrastant avec l’architecture symphonique de “Take Me With U”.
L’innovation technique est presque insultante. Écoutez le travail sur les boîtes à rythmes (la LinnDrum omniprésente) : elles ne font pas que marquer le temps, elles sont tordues, saturées, intégrées au groove des basses funk hypnotiques. Et puis, il y a la guitare. Les solos, notamment le crescendo final de la piste-titre, ne sont pas joués, ils sont “hurler” ; c’est un langage nouveau, qui mêle l’âme de Hendrix à une précision chirurgicale.
La légende raconte que le morceau “Purple Rain” lui-même fut capté en live lors d’un concert à la First Avenue en août 1983. Cette prise brute, avec les imperfections de la foule et l’énergie du Revolution, est devenue le cœur palpitant de l’œuvre.
Purple Rain fut le sésame pour l’éternité. Il a brisé les barrières raciales sur MTV et a élevé la figure de Prince au rang de prophète androgyne. En un sens, cet album est le dernier grand cri avant que les années 80 ne deviennent trop cyniques, le moment où la New Wave et le rock flamboyant ont fusionné dans un flash de lumière mauve.
Je l’écoute encore aujourd’hui et je sens le sol trembler. Un chef-d’œuvre absolu.


Une merveille, tu as raison. Je ne me lasserai jamais d’écouter Prince. Flamboyant ! Et j’ai eu la chance quand j’avais 20 ans de le voir à Bercy, un des meilleurs concerts de ma vie 💜