Brian Wilson a vingt-trois ans en 1966. Il a cessé de tourner, il compose seul, avec les meilleurs musiciens de Los Angeles. Les surfeurs de Californie se retrouvent avec un disque de chambre, qui fait entrer l’angoisse dans la pop.
Écoutez les arrangements. Clavecin, flûtes basses, cloches de vélo, aboiements de chiens, bouteilles de Coca-Cola frappées en rythme. Wilson empile les instruments comme des vitres teintées, jusqu’à ce que la lumière filtre en mélancolie. Les voix, elles, se superposent en une brume de choeur.
À sa sortie, l’Amérique hausse les épaules. Les Beatles, eux, s’effondrent : “Sgt. Pepper” naît de ce choc.
Ce disque parle à tous ceux qui ont aimé trop fort, trop tôt. “I Just Wasn’t Made for These Times” avoue ce que personne n’osait chanter.
Un disque de plage, joué dans une chambre fermée à clé.

