Minneapolis, ville blanche et glacée, accouche d’un enfant noir, minuscule, ambigu, qui refuse toutes les cases. Funk, rock, soul, new wave : il les fond dans le même creuset et en sort un son qui n’appartient qu’à lui. Une basse synthétique qui claque comme un fouet. Une guitare qui hurle et caresse dans la même mesure. Un falsetto qui vrille la nuque.
Sur scène, il est une décharge. Dans les années 80, il redéfinit ce que peut être une star : sensuelle, mystique, indomptable. Quand sa maison de disques tente de le brider, il écrit “Slave” sur sa joue et change de nom. Personne n’avait osé.
Chaque disque de lui ressemble à une porte entrouverte dans une pièce où la fête ne s’arrête jamais.
Prince n’a pas traversé la musique. Il l’a reprogrammée.

