Psychocandy : le bruit des premiers vertiges
On ne comprend pas immédiatement ce qui arrive. "Psychocandy" ne cherche pas à séduire.
Il avance comme une radio mal réglée qui laisserait passer, sous une couche de souffle et de saturation, des mélodies d’une beauté presque fragile. Plus on écoute, plus ce contraste devient fascinant.
En 1985, The Jesus and Mary Chain bouscule tout. Les guitares hurlent, les larsens semblent vouloir engloutir les chansons, mais derrière cette tempête se cachent des harmonies héritées des groupes pop des années soixante. C’est cette collision permanente qui donne au disque son identité. La violence n’écrase jamais la mélodie. Elle la protège presque.
On se souvient de cette pochette, de ce vinyle que l’on retournait avec curiosité, persuadé qu’il devait bien exister un secret caché sous tout ce bruit. Au casque, le volume montait sans qu’on s’en rende compte. Peu à peu, les parasites devenaient familiers. Ils finissaient même par sembler indispensables.
À sa sortie, certains y voyaient une provocation. D’autres le considéraient déjà comme l’acte de naissance d’une nouvelle façon de faire du rock. Aujourd’hui encore, son influence résonne dans d’innombrables groupes qui ont compris qu’une chanson pouvait être douce et abrasive à la fois.
On referme parfois la pochette avec un léger bourdonnement dans les oreilles. Mais surtout avec l’impression d’avoir trouvé de la beauté là où personne ne pensait encore à la chercher.

