Il vient de nulle part. Les guitaristes anglais, eux, jouent encore du blues propre.
Lui lâche un riff qui rampe, puis un accord dissonant, tendu entre deux tons, qu’aucune oreille pop n’a le droit d’aimer. La fuzz lacère, la pédale Octavia dédouble la note et la fait hurler. Mitch Mitchell cogne comme s’il poursuivait la guitare. Noel Redding tient le sol pendant que tout décolle.
Les gens ne savaient pas où ranger ça. Ni rock, ni blues, ni psychédélisme poli. Une saturation qu’on sentait dans les dents.
Soixante ans plus tard, aucune guitare électrique ne sonne sans lui devoir quelque chose.
Une porte arrachée, et derrière, le ciel entier.

