En avril 1976, les Ramones publient Ramones, quatorze morceaux enregistrés à New York avec Craig Leon pour une poignée de dollars. À une époque où le rock remplit les stades et étire ses morceaux, eux choisissent l’exact opposé : guitares sèches, batterie martiale, refrains immédiats, chansons qui dépassent rarement deux minutes.
Mais réduire ce disque à sa vitesse serait manquer l’essentiel. Joey Ramone glisse dans ce mur de son une fragilité adolescente, des mélodies héritées de la pop et cette façon presque désarmante de chanter l’ennui, le désir ou le malaise. Sous le cuir, il y a du chewing-gum.
Le disque se vend peu, mais son langage devient immense : trois accords, une idée, aucune permission à demander.
Ramones n’a pas seulement donné envie d’écouter un groupe. Il a donné envie d’en monter un.

