Roy Orbison : la voix qui faisait trembler la solitude
Il chantait presque immobile. Tout le reste, dans sa voix, semblait pouvoir s’effondrer.
Au début des années 60, Roy Orbison déplace les frontières du rock. Chez Monument Records, il construit avec le producteur Fred Foster des chansons qui refusent la facilité : elles montent, changent de forme, retiennent leur souffle avant de libérer cette voix capable de passer du murmure au vertige.
“Running Scared”, “Crying” ou “In Dreams” ressemblent moins à des chansons d’amour qu’à de petits drames en trois minutes.
Face au public, Orbison joue pourtant l’exact contraire du rockeur conquérant. Costume noir, lunettes sombres, gestes rares. La puissance vient d’ailleurs.
Puis les années 80 le ramènent au premier plan, jusqu’à rejoindre George Harrison, Bob Dylan, Tom Petty et Jeff Lynne au sein des Traveling Wilburys et à “Mystery Girl”.
Roy Orbison n’avait pas besoin d’occuper la scène. Sa voix suffisait à remplir tout l’espace.

