Sly Stone : le funk comme promesse de liberté
On pouvait danser avec Sly Stone sans comprendre qu’il était en train de déplacer les frontières.
À la fin des années 1960, Sly & The Family Stone réunit femmes et hommes, musiciens noirs et blancs, et fait circuler le gospel, la soul, le rock psychédélique et le funk dans un même courant. Sly ne juxtapose pas les genres : il les rend indissociables.
La basse devient élastique, les voix se répondent, les cuivres claquent et le rythme semble pousser chaque morceau vers la foule. Puis l’utopie se fissure. Avec “There’s a Riot Goin’ On”, en 1971, le son s’assombrit, se resserre, comme si les espoirs des sixties avaient soudain perdu leur innocence.
Prince, le funk des années 1970 et des générations de musiciens lui devront beaucoup.
Sly Stone avait trouvé quelque chose de rare : faire danser ensemble des mondes que l’Amérique séparait.

