Sweet Child O' Mine : la première fois, on a cru à un exercice de cirque
C’était l’été 1987. Un riff de guitare insensé a traversé les vitres ouvertes des bagnoles, une sorte de spirale chromatique qui tournait en boucle, presque trop parfaite pour être honnête.
Slash s’amusait juste à faire des gammes pour passer le temps dans un canapé d’Hollywood, une grimace aux lèvres. En quelques secondes, ses complices ont greffé une basse lourde et une batterie de plomb sur son délire. C’est l’histoire de Sweet Child O’ Mine.
Ce morceau n’aurait jamais dû être une ballade. C’est un fauve déguisé en chanson d’amour. Quand la voix d’Axl Rose débarque, écorchée et haut perchée, on comprend que le romantisme des Guns N’ Roses se vit les genoux dans le caniveau et les yeux dans les étoiles.
Ce titre a redéfini le son des autoroutes. Il s’est glissé dans les walkmans dont les piles rendaient l’âme, a fait vibrer les portières des vieilles Peugeot et des pick-ups fatigués, de la banlieue parisienne aux collines de Los Angeles.
Le miracle tient dans ce contraste permanent entre la douceur des mots et la violence de l’exécution. Et puis, il y a cette rupture à la cinquième minute. La rythmique s’effondre, la pièce s’assombrit. Slash prend toute la place avec un solo qui n’en finit plus de monter, une plainte électrique qui transperce la nuit.
Ce n’est plus de la musique, c’est une décharge d’adrénaline pure qui s’imprime dans la poitrine.

