Liverpool, 1962. Quatre types sortis de nulle part balancent des harmonies vocales qui claquent comme des baffes de bonheur, et en huit ans, ils traversent plus de mutations que la musique populaire n’en avait connu en un demi-siècle.
Ils passent du gimmick pop hurlé dans des salles en furie aux ambitions orchestrales de “Sgt. Pepper’s”, du studio comme simple outil d’enregistrement au studio comme instrument à part entière, bandes inversées, boucles, chœurs cisaillés jusqu’à l’hallucination.
Chaque album efface le précédent, impose un territoire neuf. “Abbey Road” referme la boucle avec une suite qui ressemble à un adieu élégant. Ils ont donné à des millions de gosses la certitude qu’on pouvait tout réinventer avant trente ans. Le monde entier a hurlé leur prénom sans jamais vraiment les rattraper.
Ils n’ont pas fait de la musique un métier. Ils en ont fait un âge.

