The Stooges : l’apocalypse dans un garage d'Ann Arbor
Ann Arbor, Michigan. 1967. Tandis que le monde se perd dans les volutes lysergiques du Summer of Love, quatre gamins de banlieue décident de mettre le feu aux poudres.
Sous l’impulsion de James Osterberg, alias Iggy Pop, The Stooges ne jouent pas de la musique ; ils vomissent une urgence vitale. C’est le degré zéro du rock ‘n’ roll. Une déflagration.
En studio avec le producteur John Cale (ex-Velvet Underground) pour leur premier album éponyme enregistré en juin 1969, le groupe impose un son monolithique. La guitare de Ron Asheton, saturée à l’extrême sur sa Fender Stratocaster, tisse des riffs de trois notes qui tournent à l’obsession. Derrière, son frère Scott Asheton martèle les fûts avec une rigidité métronomique, soutenu par la basse brute de Dave Alexander. Iggy, lui, transforme le micro en arme blanche. Sa voix, un baryton sauvage qui mue en hurlement de fauve, redéfinit le charisme scénique.
Entre le sang, la sueur et le verre brisé, les Stooges inventent le punk avant l’heure, sans même le savoir. C’est une collision entre le blues industriel de Detroit et un nihilisme adolescent sublime. On sent l’huile de vidange et le bitume chaud. Ils n’étaient pas des techniciens, ils étaient des forces de la nature. Un chaos organisé, précis, terrifiant de beauté sale.

