Londres, 1964. Quatre gamins du Shepherd’s Bush, mods en parka, hurlent ce que leur génération n’ose pas formuler.
Pete Townshend frappe ses accords en moulinet, le bras comme une hélice. Keith Moon martèle sa batterie comme on démolit une porte. John Entwistle, immobile, fait gronder une basse qui lacère tout. Roger Daltrey tient le micro comme un lasso.
Le rock n’avait pas encore osé ça : l’opéra, la rage, le concept. “Tommy”, puis “Quadrophenia” : des disques qui racontent, qui bâtissent un monde. Sur scène, le volume fracture les tympans, et personne ne reste assis.
Ils parlent à quiconque a eu vingt ans et trop de colère. Leur son sent la sueur, la poussière d’ampli, le métal chaud.
Le plus fort : ils ont écrit “My Generation” pour ne jamais vieillir, et le disque, lui, n’a pas pris une ride.

