There Is a Light That Never Goes Out : une lumière dans la nuit
Avec "There Is a Light That Never Goes Out", The Smiths glissent en 1986 un cœur brûlant au milieu de "The Queen Is Dead".
Johnny Marr fait scintiller les guitares, Morrissey pose sa voix comme une main froide sur la vitre. Le morceau naît fin 1985, avec des cordes synthétiques faute d’orchestre réel. Et pourtant, elles enveloppent tout. Un drap pâle.
Ce n’est pas une ballade. C’est une fuite.
On entend Manchester, les rues mouillées, les phares qui coupent la nuit, l’envie de ne pas rentrer chez soi. Cette chanson attrape ce moment précis où l’on monte dans une voiture parce qu’ailleurs semble moins lourd. Certains l’ont découverte sur cassette, dans une chambre trop petite, avec le volume baissé pour ne réveiller personne.
Marr irradie sans appuyer. La mélodie file, claire, presque innocente. Morrissey, lui, transforme le désespoir adolescent en promesse étrange. Pas une pose. Une brûlure.
Le titre ne sortira en single au Royaume-Uni qu’en 1992, après la fin du groupe. Trop tard, ou exactement au bon moment.
Cette lumière ne sauve personne. Elle reste allumée dans le rétroviseur.

