(We're Gonna) Rock Around the Clock : le Big Bang
Deux minutes et huit secondes ont suffi à faire trembler l'Amérique blanche jusqu'aux os.
Avant Rock Around the Clock, la musique populaire roulait sagement. Bill Haley, quadragénaire bedonnant venu du country-swing, n’avait rien d’un rebelle.
Et pourtant, en 1954, ce riff de guitare électrique découpé au rasoir, cette contrebasse qui claque comme un coup de fouet, ce tempo qui grimpe et ne redescend plus, tout ça a fracturé quelque chose.
Le morceau dort d’abord, discret, avant qu’un film, “Blackboard Jungle”, ne le propulse en 1955 au sommet des charts. Dans les salles, les fauteuils volent, les jeunes dansent dans les allées, les flics interviennent. Ce n’est plus une chanson, c’est une déflagration générationnelle.
Le rock’n’roll n’existait pas vraiment avant ce single, après, il ne peut plus être ignoré.
Un tic-tac électrique, et le vingtième siècle bascule.

