Whole Lotta Love : Un riff ne devrait pas pouvoir faire ça
En 1969, "Whole Lotta Love" ouvre "Led Zeppelin II" et referme instantanément le débat sur ce que le rock est censé être.
Jimmy Page empile les guitares comme on empile des charges, Bonham frappe comme si la batterie lui devait quelque chose, et au milieu, ce pont psychédélique où tout part en vrille, theremin hurlant, gémissements de Plant, chaos organisé qui semble sur le point de faire exploser les enceintes.
C’est brutal, sexuel, presque indécent pour l’époque. La radio américaine en tronque le milieu, trop sale pour les ondes, et ça n’empêche rien : le titre devient l’hymne involontaire du hard rock naissant, la preuve que le blues pouvait muter en quelque chose de plus lourd, plus large, plus dangereux.
Ce riff a fondé un genre entier sans jamais demander la permission. Depuis, tout ce qui a des riffs lourds lui doit un loyer.

