Avec Yankee Hotel Foxtrot, sorti en 2002, Wilco transforme l’americana en terrain instable. Les mélodies de Jeff Tweedy restent proches, presque familières, mais autour d’elles circulent parasites, boucles, silences et instruments qui semblent parfois se dérégler. Le mixage de Jim O’Rourke accentue cette sensation : quelque chose vacille derrière chaque évidence.
Reprise refuse pourtant de sortir l’album et se sépare du groupe. Wilco le diffuse alors sur Internet avant que Nonesuch ne le publie officiellement. L’histoire aurait pu réduire le disque à ce bras de fer. La musique l’a largement dépassé.
“Radio Cure”, “Ashes of American Flags” ou “Poor Places” parlent d’un monde où l’intime cherche encore sa fréquence au milieu du brouillage.
Vingt ans plus tard, le disque garde cette étrange modernité : des chansons humaines traversées par le bruit du monde.

